Installer un poulailler chez soi : attention, la loi vient de trancher sur les règles à respecter

Qui n’a jamais rêvé de déguster ses propres œufs frais au petit-déjeuner, bercé par le douillet « cot-cot » des pensionnaires du jardin ? Avant d’imaginer une basse-cour digne d’une mini-ferme pédagogique, mieux vaut connaître les nouvelles règles, parfois peu connues, qui encadrent l’installation d’un poulailler familial. Entre droits, devoirs, règles sanitaires et préventions, la loi vient en effet de clairement trancher : zoom sur ce qu’il faut impérativement savoir avant d’accueillir de la volaille chez soi.

Installer un poulailler : quels droits et quelles limites ?

  • Vous pouvez tout à fait accueillir des poules, canards et consorts dans votre jardin sans avoir besoin d’un diplôme d’agriculteur, du moment que vous ne dépassez pas 50 animaux « équivalents ». Une basse-cour familiale, hébergée dans une installation dite « mobile », n’exige en effet aucune déclaration préalable, car elle est assimilée à un loisir et à des animaux de compagnie (source: www.PoulaillerDesign.com).
  • Attention néanmoins : certains règlements de lotissements interdisent les poulaillers, mais cette interdiction ne s’applique, selon la législation, qu’aux installations dépassant 50 animaux-équivalents.
  • Le calcul des « animaux équivalents » est strict. Par exemple : une poule, un poulet, un faisan ou une pintade comptent pour 1 animal-équivalent ; un canard pour 2, une dinde ou une oie pour 3, un palmipède en gavage pour 5, un pigeon ou une perdrix pour ¼, et une caille pour ⅛.

Les obligations sanitaires et administratives : ne pas jouer avec la loi (ni avec la grippe aviaire)

  • Depuis mars 2016, la lutte contre la grippe aviaire impose à tous les détenteurs de basse-cour d’appliquer les dispositifs de surveillance et de prévention demandés par la préfecture, quelle que soit la taille de l’élevage (source: www.PoulaillerDesign.com).
  • Pour connaître ces obligations, il est impératif de déclarer votre basse-cour en mairie via un formulaire spécifique. Cette mesure, obligatoire depuis l’Arrêté du 24/02/2006, diffère selon le niveau d’alerte locale.
  • Si votre abri pour volailles (poulailler clos et couvert, même démontable) dépasse 5 m² de superficie et 180 cm de hauteur, une autorisation préalable de la mairie sera nécessaire, et il est susceptible d’être soumis à la taxe d’aménagement.

Respect du voisinage et nuisances : éviter les prises de bec

  • Une basse-cour familiale doit respecter les règles du voisinage, en ce qui concerne notamment le bruit. Si aucun éloignement obligatoire n’est fixé pour les petits élevages, au-delà de 10 animaux il faudra installer les volatiles à plus de 25 mètres des habitations et à 50 mètres s’ils dépassent 50 têtes (voir article 153 du règlement sanitaire de votre département).
  • Le chant du coq à l’aube, le glouglou du dindon ou le coin-coin du canard sont considérés comme « normaux » à la campagne, à condition qu’ils ne deviennent pas excessifs. Si le bruit est jugé répété, intense et sans répit, de jour comme de nuit, cela devient un trouble réglementé.
  • La réglementation précise bien qu’aucun bruit particulier ne doit, par sa durée ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité ou à la santé du voisinage (Décret n°2006-1099 du 31 août 2006). Conseil de poulailler : si votre coq se prend pour un ténor d’opéra, préférez-lui les poules sopranos.
  • Les fumiers et déjections doivent être évacués régulièrement – ils ne doivent jamais se trouver à moins de 35 m d’une habitation, d’un cours d’eau, forage, lieu de baignade ou voie publique. Les installations doivent rester propres et bien entretenues, selon l’article 26 du règlement sanitaire général.

La sécurité des animaux… et des voisins

  • Leur bien-être est dans la loi : tout animal malade ou blessé doit être soigné sans délai ; si nécessaire, le vétérinaire intervient dès que possible. Les enclos doivent être conçus pour empêcher toute évasion, évitant ainsi que vos gallinacés ne découvrent le potager du voisin par surprise.
  • Si des animaux s’enfuient, ils restent la propriété de leur maître pendant un mois après déclaration en mairie. En cas de dégâts chez le voisin, le propriétaire est responsable et devra réparer les dommages. Ironiquement, la loi autorise même l’élimination sur place en cas de perte de contrôle… mais pas d’apéro, on reste dans la légalité !

En conclusion : installer un poulailler chez soi, c’est possible, mais réglementé ! Prendre soin de ses poules, canards et autres animaux à plumes implique de respecter la loi, penser au voisinage, assurer propreté et sécurité, tout en profitant chaque matin du plaisir simple du « cot-cot » heureux. Avant de sortir la brouette et la paille, pensez à consulter le règlement sanitaire de votre département et n’hésitez pas à échanger avec votre mairie pour clarifier tous les points spécifiques. Une basse-cour paisible, c’est le secret de la bonne entente entre voisins… et animaux !

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