À plus de 80 ans, ils trouvent la liberté et une nouvelle jeunesse en camping-car

À plus de 80 ans, ils trouvent la liberté et une nouvelle jeunesse en camping-car

À l’heure où certains collectionnent les napperons et s’installent définitivement dans leur fauteuil préféré, d’autres, comme Michel, Christiane, Jocelyne et Jean-Claude, préfèrent tracer la route. À plus de 80 printemps ou presque, ils savourent leur retraite en sillonnant les routes de France en camping-car. Le printemps éternel n’attend pas, et il se vit sur quatre roues !

Retraite sur les routes : un rêve longtemps mûri

Jocelyne n’a pas connu la mer avant d’avoir vingt ans – un âge qui lui semblait autrefois bien avancé, mais qui, aujourd’hui, la fait sourire, elle qui promène sa silhouette de septuagénaire éclatante sur les plages de l’Hexagone. Son enfance dans les années 50 fut marquée par les moyens limités de l’époque, aussi bien techniques que financiers, ce qui n’empêche pas cette grand-mère épanouie de faire découvrir à ses petits-enfants le vaste monde, dès la retraite venue. « Les moyens de l’époque n’étaient pas les mêmes, techniquement et financièrement », raconte-t-elle sans rancune.

Son envie d’évasion a mûri dans le tumulte des fonderies, puis au gré de vingt ans de service dans l’agroalimentaire. Des années à rêver au récit d’une collègue, partie en camping-car flambant neuf et qui lui a offert par procuration l’image même de la liberté. Alors que Jean-Claude, son époux, se voyait capitaine d’un bateau, c’est finalement Jocelyne qui a eu le dernier mot avec son argument imparable : « On teste le camping-car pendant un an, et si ça ne te plaît pas, on le revendra. »

Pipiou, maison roulante et symbole d’indépendance

C’est ainsi que « Pipiou », la petite maison sur roues du couple, est entrée dans leur vie pour ne plus en ressortir. Jean-Claude, rapidement conquis, ne tarit plus d’éloges sur l’indépendance retrouvée : « Pas besoin de réservation, pas d’organisation, c’est bien agréable passé un certain âge. On est libres d’improviser nos sorties comme bon nous semble. » Fini les séjours où l’on craignait de perturber la famille ; le camping-car apporte autonomie et tranquillité d’esprit.

Rien de tout cela n’allait de soi au début. Jean-Claude et Jocelyne n’avaient pas encore les « codes de bonne conduite » propres à la communauté des camping-caristes. C’est en croisant Christiane et Michel qu’ils ont découvert l’art de vivre sur la route. Chez les Perrier, le camping-car, c’est presque un membre de la famille. Dès les années 80, ils ont troqué la caravane familiale contre un modèle « tout-en-un » et adopté pour de bon ce nouveau confort.

  • Dans le garage – bâti par Michel lui-même parce que l’ancien était trop petit – sommeille aujourd’hui la benjamine d’une belle lignée de véhicules.
  • En quarante ans, il y a eu plusieurs camping-cars, mais celui-ci, choisi pour sa robustesse, a su les convaincre.
  • Michel, rodé à l’électronique, relativise les petites mésaventures mécaniques qui, reconnaît-il, freinent parfois d’autres acheteurs.

L’esprit de tribu et la magie de la route

Jean-Claude l’avoue : « Quand on ne maîtrise pas la mécanique, il est plus sécurisant de partir en groupe. En cas de pépin, il y a toujours quelqu’un pour aider. » Voilà pourquoi il a rejoint, avec Jocelyne, une association de camping-caristes, composition joyeusement majoritaire de retraités. Jusqu’à cinq fois par an, toute la bande s’élance à la découverte des communes françaises. Ces escapades sont rythmées par des rituels presque sacrés :

  • L’apéritif, mais du soir uniquement (rien ne vaut la prudence sur la route).
  • La dégustation de spécialités locales au restaurant.
  • Les visites de châteaux, musées, fermes et autres joyaux cachés de notre beau pays.

« On voit des choses auxquelles on n’aurait pas accès en voyageant seuls », se réjouit Jean-Claude. Jocelyne approuve, soulignant l’importance des liens créés : « On partage des moments uniques, avec des personnes que l’on n’aurait sans doute jamais rencontrées sans l’association. » Elle évoque, les yeux pétillants, un camarade qui mimait chaque soir ses histoires, pour le plaisir d’une tablée conquise. L’ambiance – entre souvenirs et éclats de rire, comme ce jour où le groupe a campé dans les vignes faute d’emplacement assez sûr, accueilli par le maire et son fameux « cubi » – évoque une cour d’école où même les plus sages redeviennent enfants.

Une seconde jeunesse à portée de volant

Bien après l’âge de la retraite, Michel, Christiane, Jocelyne et Jean-Claude prouvent que l’aventure n’est jamais finie. Les anecdotes du groupe, les souvenirs partagés autour de la table dans un tumulte joyeux, le confirment : la « van life » offre bien plus que du tourisme, c’est une seconde jeunesse. Les kilomètres avalés et les rencontres tissent la plus belle des trames : celle d’une vie savourée, à fond et ensemble.

Alors, prêt à chausser vos espadrilles et prendre la route à votre tour ? Qui a dit que la liberté avait une date de péremption ?

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