Des millions de microplastiques détectés dans le sang après une simple tasse de thé
Ah, la pause thé… Moment de réconfort universel, parfumé à la menthe ou à l’earl grey, qui rime souvent avec sérénité et petit plaisir du quotidien. Mais derrière la vapeur délicate de votre infusion se cache désormais une réalité pour le moins croustillante — ou plutôt plastiquée ! Une étude menée par des chercheurs de l’Université Autonome de Barcelone (UAB), en collaboration avec le Centre Helmholtz pour la recherche environnementale de Leipzig, démontre pour la première fois que les microplastiques issus des sachets de thé pénètrent nos cellules intestinales et finissent leur course… dans notre sang. Santé !
Une contamination invisible: l’infusion aux microplastiques
Les scientifiques du groupe PlasticHeal se sont penchés sur la quantité stupéfiante de microplastiques et de nanoplastiques, autrement appelés MNPL, relâchés par les sachets de thé commerciaux à base de polymères. Que se passe-t-il quand vous plongez tranquillou votre sachet préféré dans l’eau chaude ? Des millions de particules, souvent de taille nanométrique et aux structures nanofilamenteuses, sont libérées dans votre tasse, faisant de chaque gorgée un cocktail de plastique miniature. Le thé nature, c’est démodé, adoptez la microfusion !
Les emballages alimentaires, déjà pointés du doigt comme une source majeure de pollution plastique, se confirment ici comme responsables d’une importante exposition humaine aux MNPL, principalement par ingestion — une façon polie de dire que nous ingérons phrase après phrase, tasse après tasse, une part non négligeable de ces particules.
Comment les chercheurs ont traqué le plastique au cœur de l’infusion ?
Pour caractériser la variété des particules présentes dans l’infusion, les scientifiques n’ont pas lésiné sur les moyens. Ils ont utilisé un arsenal technologique impressionnant :
- Microscopie électronique à balayage (MEB)
- Microscopie électronique à transmission (MET)
- Spectroscopie infrarouge ATR-FTIR
- Diffusion dynamique de la lumière (DLS)
- Vélocimétrie laser Doppler (LDV)
- Analyse de suivi des nanoparticules (NTA)
« Nous avons réussi à caractériser ces polluants de manière innovante avec un ensemble de techniques de pointe, ce qui constitue un outil très important pour faire avancer la recherche sur leurs impacts possibles sur la santé humaine », explique Alba García, chercheuse à l’UAB. Une belle prouesse de précision !
Du sachet à la cellule et jusque dans le sang : le voyage inquiétant des MNPL
Le clou du spectacle (ou du sachet)… C’est la première fois que des chercheuses et chercheurs parviennent à démontrer que ces particules plastiques sont internalisées au sein des cellules intestinales humaines, avant de pouvoir transiter dans le sang et se disséminer dans l’organisme tout entier. Pour percer ce secret pas très appétissant, les scientifiques ont coloré les MNPL, puis les ont exposés à différents types de cellules intestinales humaines.
Les expériences d’interaction biologique ont réservé leur lot de surprises :
- Les cellules intestinales productrices de mucus absorbent le plus de microplastiques et de nanoplastiques.
- Ces particules vont jusqu’à pénétrer le noyau cellulaire où se loge notre précieux matériel génétique.
Ce résultat laisse supposer un rôle clé du mucus intestinal dans l’absorption de ces polluants, et appuie la nécessité de creuser l’impact de l’exposition chronique sur la santé humaine. Le thé du matin n’aura plus jamais le même goût !
La nécessité d’agir : vers de nouveaux standards et des politiques robustes
Les chercheurs insistent : il est essentiel de développer des méthodes d’essai normalisées pour évaluer la contamination par les micro- et nanoplastiques issus des matériaux en contact avec nos aliments (thé inclus, vous l’aurez compris), et de mettre en place des politiques réglementaires pour limiter efficacement cette contamination. Avec une utilisation du plastique dans les emballages alimentaires toujours en hausse, une action concrète apparaît comme vitale pour garantir la sécurité alimentaire et préserver la santé publique.
La pollution par les déchets plastiques demeure un problème environnemental critique, aux conséquences croissantes pour le bien-être et la santé des générations futures. Nul besoin de verser votre thé dans l’évier illico — mais il est peut-être temps que « l’heure du thé » rime aussi avec « heure de la prise de conscience » !













