Ni permissivité ni cris : ce piège de la parentalité positive qu’on ne vous dit jamais

Parentalité positive : si on vous a vendu du rêve, préparez-vous à croiser quelques cauchemars sur la route… Être parent, c’est déjà tout un sport. Mais naviguer entre conseils bienveillants, culpabilité et réalité du quotidien, c’est parfois digne des Jeux olympiques – sans médaille à la clef.

La grande aventure de la parentalité positive

Avant même que la famille ne s’agrandisse, l’auteur de ce témoignage ne s’était jamais vraiment interrogé sur les méthodes éducatives. Et puis, le premier test de grossesse positif et soudain, voilà que les recommandations de livres et recherches internet transforment le quotidien en marathon de conseils en parentalité.

À force de lectures et de scrolls sur la toile, une conviction commune s’impose : il faut accompagner le développement de son enfant selon ses besoins, et bannir la violence éducative sous toute ses formes. La tendance forte ? L’éducation positive. Elle s’infiltre partout, portée par des contenus convaincants, des livres perchés jusqu’aux podcasts qui murmurent à notre oreille le secret du bonheur familial…

  • Des conseils pointus comme « il ne faut pas dire non » ou l’utilisation d’un timer.
  • D’autres plus vagues, entourés d’une brume de bienveillance nébuleuse.
  • Et toujours, l’idée que tout ce qui ne rentre pas dans cette case serait violent ou dépassé.

Insta, Facebook, TikTok… Peu importe votre réseau social de prédilection, la parentalité positive s’impose, parfois même sans qu’on l’ait vraiment vu venir.

Quand la théorie rencontre la (dure) réalité

C’est là que les choses se corsent. Parce qu’à l’arrivée du premier enfant – ici, un fils de 4 ans et demi – le parent plein de bonne volonté découvre vite que la réalité, c’est moins Instagram et plus… gymnase émotionnel. Entre les efforts pour instaurer un cadre rassurant, et la quête perpétuelle d’un consentement qui ressemble souvent à une négociation de paix historique, c’est le grand écart façon Jean-Claude Van Damme.

La culpabilité n’est jamais bien loin. La crainte de ne pas être assez patient, ou de faire subi un traumatisme irréparable à son enfant, plane au-dessus de la maison comme un nuage d’orage prêt à gronder à la moindre faute de bienveillance. Et ce n’est que le début !

  • La notion même de violence varie d’un auteur à l’autre. Isoler un enfant ? Dangereux, dit-on. Le forcer, même gentiment, à se brosser les dents ? Très mal vu.
  • Le « demander et expliquer » devient la règle d’or, mais que faire si ça ne marche pas ? Silence radio dans les livres, black-out sur Instagram…
  • Du coup, quand ça rate, on croit que c’est nous, les parents, qui sommes nuls.

Licornes, suradaptations et mode d’emploi en quatre pages

La fameuse astuce « amuse ton enfant en faisant le cheval ou la licorne » doit en théorie changer la vie. Dans la vraie, sous la pluie, avec un enfant qui enlève ses chaussures à la porte de l’école et refuse d’enfiler son casque, la licorne finit vite empaillée… Et quand ni les astuces de blogs ni la patience ne fonctionnent, il ne reste que des options peu glorieuses.

Sans s’en rendre compte, une suradaptation se met en place. Besoin de diplomatie XXL, d’explications façon négociateur international, de mille et une stratégies qui donnent parfois l’impression d’élever un chef d’État miniature. Avant l’école, on pense que tous les enfants sont « dans leur bulle » façon le sien. Mais à l’escalade, quand tous les enfants écoutent le prof sauf le vôtre, c’est la douche froide. Et la maîtresse, elle, finit désolée : votre enfant fait ce qu’il veut, et rien d’autre.

Mais la permissivité n’est pas le sujet : ici, discussions et explications sont la règle du foyer. Parfois, on craque, on crie, et là, le compte Instagram préféré vous jure que vous venez de condamner votre progéniture à une vie pleine d’anxiolytiques.

Le piège de la culpabilité, entre mythe du parent idéal et différence des enfants

Dans ce tourbillon émotionnel, rien ne va plus :

  • Les adultes autour de l’enfant fatiguent, rechignent à jouer les babysitters.
  • Les autres enfants pâtissent de l’énergie accaparée par cet enfant si particulier.
  • Au final, on culpabilise. Pour l’enfant, pour les adultes, pour les autres enfants.

Le constat tombe : et si on avait loupé un truc ? S’il fallait « resserrer la vis » parfois, au lieu de tenir coûte que coûte la ligne bienveillante ?

Avec le recul, difficile de ne pas voir le penchant un brin « arnaque » de la quête du bonheur parental vendu-à-domicile par de jolis bouquins. On en achète un, puis deux, puis dix, persuadé que la solution miracle existe. Mais le deuxième enfant, au caractère bien différent, grandit sans encombre et fait réaliser qu’on ne maîtrise pas tout. Pas de recette universelle !

Heureusement, les échanges avec d’autres parents rassurent : on n’est pas seul à s’épuiser, douter, tourner en rond. La parentalité positive, c’est super… à condition de se rappeler quelques vérités :

  • Certains enfants sont plus difficiles que d’autres, c’est comme ça.
  • Adulte ou enfant, personne ne peut tout gérer à 100% à tout moment avec bienveillance parfaite.
  • Parfois, ça ne marchera pas. Et ce n’est pas si grave.

Finalement, si la bienveillance reste importante, mieux vaut lâcher prise sur le mythe du parent parfait, et garder en tête qu’accompagner ses enfants, c’est aussi accepter que tout ne tourne pas toujours rond. S’autoriser l’imperfection, c’est déjà beaucoup !

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